Le 26 avril : Matinée, Roselyne Sibille de l’association Calès Saint Denis nous a fait découvrir les apiés du vallon de la Redaresse. Nous étions 18.
De tous temps et en tous lieux, l’apiculture étant une activité importante dans l’économie familiale pour le miel et la cire, les agriculteurs ont construit des abris apiés (ruchers en provençal). Ils étaient orientés sud ou sud-est pour profiter au maximum des effets du soleil.
Les abeilles pouvaient ainsi être abritées du vent et des prédateurs et bénéficier de la régulation thermique qu’offrait l’épaisseur du mur, ce qui permettait des récoltes plus abondantes et plus étalées dans le temps. Les murs à niches sont les apiés les plus courants : les murs de soutènement d’une terrasse étaient alvéolés de petites niches à fond plat d’une quarantaine de centimètres de profondeur et de largeur, sur un petit mètre de hauteur, elles étaient surmontées d’un linteau ou d’une dalle. On installait les ruches dans ces logettes.
L’apié de la Redaresse a été repéré, suite à l’incendie du massif du Défends du 18 juillet 1959, il s’agit peut-être d’une ferme apicole. Une équipe de l’association Les Chemins du Patrimoine, en 2015, a entrepris la restauration une matinée par semaine pendant deux ans environ. Il est organisé en plusieurs murs d’une vingtaine de niches chacun, sur un versant sud.
Les niches pour les ruches sont, ce qui est rare, construites directement sur le sol.
Particularité unique en France : des restes de ferronnerie sur le devant des niches font penser à un dispositif mécanique pour fermer l’ensemble des niches d’un mur.
Une petite cabane dont le toit est écroulé, certainement abri pour l’apiculteur, abrite une citerne pour recueillir l’eau de pluie.
Après-midi : visite commentée du site troglodytique de Calès (qui vient de rouvrir) avec Yolande Proutière de l’association Calès Saint Denis.
Ce site composé d’une série d’anfractuosités creusées par l’homme jusqu’au sommet de la falaise a tout d’abord servi d’habitat ligure. Les traces d’occupation s’étalent de la Préhistoire à la Protohistoire. Une légende ou une tradition veut que ces grottes aient servi d’abris, lors des invasions sarrasines à un dénommé Kalès et ses hommes. Ce qui est plus assuré est que ce site appartient à la première génération des grands castra du Moyen Âge.
Les grottes furent habitées du XIIe siècle jusqu’au XVIe siècle par une population qui a varié entre 120 et 220 habitants ; il est certain qu’elles servirent maintes fois de refuge à la population de Lamanon au cours des guerres de religion et furent définitivement abandonnées en 1586.


